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Lémur catta
Lemur catta

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STATUT DE CONSERVATION

CITES: Annexe I
Liste rouge de l'UICN: L. catta: NT
Clé: NT = Quasi menacé

Lemur catta
Photo: Herbert Gustafson

Madagascar est souvent considéré comme la région la plus importante dans le monde en termes de conservation. Une seule autre île possède plus d'espèces endémiques: l'Australie, qui est 13 fois plus grande que Madagascar (Mittermeier et al. 1994). Bien que les lémurs cattas ne soient pas les prosimiens les plus menacés à Madagascar, ils sont certainement les plus reconnaissables et doivent être préservés à cause de leur rôle en tant qu'espèce phare (Mittermeier et al. 1994). Les menaces qui pèsent sur les lémurs cattas sauvages comprennent la destruction de l'habitat et la chasse, qui entraînent une réduction des populations (Mittermeier et al. 1994).

LES MENACES SUR LA CONSERVATION ET LES SOLUTIONS POTENTIELLES

Menace: La destruction et la dégradation du milieu par les hommes

Depuis l'arrivée des êtres humains à Madagascar, il y a environ 2 000 ans, à peu près 80% de la couverture forestière a disparu en raison de l'extraction des bois durs précieux, du bois de chauffage et autres produits et à cause du déboisement pour les terres agricoles et de pâturage (Mittermeier et al. 1994). En particulier, dans le sud-ouest, la perte de la forêt est attribuée à la distribution aux centres urbains en croissance des produits forestiers comme le bois de chauffage, le charbon et le bois de construction (Fenn 2003). Les forêts sont aussi détruites par les feux qui sont provoqués pour défricher les prairies (Harcourt et Thornback 1990). Dans les régions à l'altitude plus élevée, où la qualité du sol est meilleure, les forêts desquelles les lémurs cattas dépendent sont menacées par l'agriculture sur brûlis, par les feux qui brûlent sans contrôle et par l'exploitation du bois de chauffage (Mittermeier et al. 1992). Les lémurs cattas dépendent des forêts galerie et des forêts ouvertes, comme celles de tamariniers, pour survivre aux conditions environnementales saisonnières sévères (Jolly et al. 2002; Mertl-Millhollen et al. 2003). La densité en individus est directement liée à la qualité de l'habitat, et comme ces forêts sont détruites, les populations de lémurs cattas ne sont pas capables de récupérer efficacement (Sussman 1991; Sussman et al. 2003). Il est nécessaire de conserver ces ressources car si elles sont trop transformées ou complètement détruites, les lémurs cattas ont peu de chances de survivre (Mittermeier et al. 1994).

Solutions Potentielles

Heureusement, on trouve des lémurs cattas dans les toutes régions protégées de leur milieu. Beaucoup de ces réserves offrent différents niveaux de protection et les efforts de conservation devraient se concentrer sur une meilleure connaissance d'une espèce apparemment commune, mais qui est en réalité menacée (Mittermeier et al. 1994). Une autre stratégie de conservation a été lancée à Beza Mahafaly Special Reserve. Les autorités de cette réserve, avec l'aide de Yale University, ont travaillé sur le développement et la promotion du site comme centre de recherche et de formation d'étudiants internationaux et locaux. Ce centre collabore avec des communautés locales pour assurer la conservation à long terme de la faune et de la flore uniques. A Beza Mahafaly, tout le monde, des écoliers aux universitaires et professionnels a été formé à la biologie de terrain appliquée aussi bien qu'à la gestion des ressources naturelles (Ratsirarson 2003). Dans les zones périphériques de la réserve, l'élevage et la gestion du bétail se poursuit, ce qui soulage la pression sur les modes traditionnels de survie par le défrichage des terres et le pâturage. En outre, Beza Mahafaly se développe pour attirer les touristes qui s'intéressent à cette faune et flore uniques; le tourisme peut apporter localement des opportunités économiques non négligeables. Pour maintenir l'habitat des lémurs cattas et des autres primates malgaches, il faut encourager les communautés locales à participer activement aux efforts de conservation (Ratsirarson 2003).

Menace: La récolte (la chasse et la cueillette)

Dans quelques régions, on chasse des lémurs cattas avec des chiens pour des raisons alimentaires. Ils sont aussi capturés et utilisés comme animaux de compagnie (Mittermeier et al. 1992).

Solutions Potentielles

Bien que la menace la plus sérieuse des lémurs cattas soit la dégradation du milieu par les hommes, le succès des programmes de reproduction en captivité pourrait s'avérer capital en vue de la réintroduction d'individus les forêts, si la pression de la chasse s'accroît et si les populations de lémurs cattas continuent à baisser de façon significative. Faciles à élever en captivité, il y a environ 2 000 lémurs cattas dans les zoos du monde entier (http://www.isis.org). Si nécessaire, cette population importante peut servir de réservoir de lémurs pour la réintroduction. Des programmes expérimentaux sur l'île de Saint Catherine en Géorgie (USA) montrent que des lémurs cattas captifs relâchés dans un environnement naturel s'y adaptent facilement et commencent à montrer la même variété de comportements observée chez les lémurs cattas sauvages (Keith-Lucas et al. 1999). Actuellement, les programmes de réintroduction ne font pas partie des projets de conservation des lémurs cattas à Madagascar, mais la connaissance des modes d'adaptation des animaux captifs aux conditions naturelles constitue une option pour le futur.

Menace: Des catastrophes naturelles

La sécheresse est un souci périodique mais sérieux dans le sud de Madagascar. Pendant les années de sécheresse, dans les endroits où le niveau de précipitation est déjà rare, l'absence presque totale de pluie a causée des conséquences sérieuses chez les lémurs cattas (Gould et al. 1999). De 1991 à 1992, une sécheresse sévère a été responsable d'un taux de mortalité plus élevé parmi les femelles et les enfants et a changé la composition démographique de la sous-population à Beza Mahafaly Special Reserve. Deux ans après la sécheresse, la population de lémurs cattas adultes a baissé de 31%, mais quatre ans après, la population semblait récupérer. On pense que la diminution des ressources alimentaires entraînant une sous-alimentation des individus serait la cause principale du déclin de la population pendant et après une sécheresse (Gould et al. 1999).

Solutions Potentielles

Bien que rien ne puisse être fait pour éviter une sécheresse naturelle, des chercheurs à Berenty Private Reserve ont pris note du fait que pendant les dernières sécheresses, les populations de lémurs cattas n'ont pas été affectés négativement grâce à l'apprivoisement des ressources alimentaires. A Berenty, où le tourisme est la source principale de revenu, les lémurs cattas ont accès aux abreuvoirs, aux arbres fruitiers et à la végétation ornementale introduits (Simmen et al. 2003). Les chercheurs doivent faire un choix difficile dans l'avenir: soit laisser se produire les fluctuations naturelles de la population pendant les sécheresses, soit fournir des suppléments aux populations souffrant du manque de ressources nécessaires, comme cela se fait à Berenty. Les lémurs cattas ont un niveau de fécondité élevé et leur modèle de reproduction a probablement évolué à cause de la rigueur de leur environnement (Jolly 2003). Il est probable que les chercheurs n'interviendront pas lors des catastrophes naturelles telles que les sécheresses, à moins que des inquiétudes sérieuses pèsent sur la survie des populations.

Menace: Les facteurs intrinsèques

Quand des populations peu nombreuses sont isolées de part et d'autre d'une barrière géographique naturelle, la dispersion limitée peut mener au croisement d'animaux apparentés et à une multitude d'autres problèmes (Sussman et al. 2003). En outre, les catastrophes naturelles peuvent avoir un effet plus sérieux sur des populations moins nombreuses (Gould et al. 1999). Maintenir la circulation des gènes entre populations est nécessaire pour assurer leur viabilité dans l'habitat sauvage à long terme et pour assurer leur capacité à survivre dans l'environnement rigoureux du sud de Madagascar.

Solutions Potentielles

La couverture forestière qui subsiste au sud de Madagascar est, au mieux, éparse. Plusieurs zones forestières ont été protégées en raison de leur valeur spirituelle et sacrée pour les personnes locales (Sussman et al. 2003). Ces zones ne bénéficient pas de la protection officielle du gouvernement, mais elles existent, inviolées, et elles sont souvent des habitats formidables pour les lémurs cattas. Il faut concentrer les efforts de conservation sur le rattachement de ces 1 400 zones forestières et sur la valorisation culturelle de ces zones pour préserver plus de terrain et pour créer des couloirs continus entres zones afin de stimuler la circulation des gènes.

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Dernière modification de cette page: 21 septembre 2005

Ecrit par Kristina Cawthon Lang. Révu par Michelle Sauther.
Traduit par Kristen Barron et Jean-Baptiste Leca.

Citer cette page:
Cawthon Lang KA. 2005 21 septembre. Les Feuilles Instructives du Primate: Lémur catta (Lemur catta) Conservation . <http://pin.primate.wisc.edu/factsheets/french/ring-tailed_lemur/cons>. Accédé 2014 21 octobre.