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Gorille
Gorilla

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STATUT DE CONSERVATION

CITES: Annexe I
Liste rouge de l'UICN: G. gorilla: CR; G. beringei: EN
Clé: CR = Espèce en danger critique d'extinction, EN = En danger

Gorilla
Gorilla gorilla gorilla
Photo: Bryan Lenz

Toutes les espèces de gorille sont en danger d'extinction en milieu naturel dans un avenir proche si les menaces actuelles ne diminuent pas. La chasse, la déforestation, et la maladie sont les menaces principales pour la survie des gorilles et ces problèmes continuent à s'intensifier et à s'aggraver. Les gorilles, comme beaucoup primates africains, sont confrontés aux conflits humains.

LES MENACES SUR LA CONSERVATION ET LES SOLUTIONS POTENTIELLES

Menace: La destruction et la dégradation du milieu par les hommes

La perte d'habitat et sa modification causées par l'activité humaine sont la principale menace qui pèse sur la survie des gorilles. L'exploitation agricole et forestière, la déforestation massive, et l'élevage des animaux domestiques dégradent l'habitat des gorilles et ces problèmes augmentent avec l'accroissement de la population humaine en Afrique (Plumptre et al. 2003). Environ 20% des populations de gorilles seulement habitent des régions protégées où, en théorie, il n'y a pas de danger de modification de l'habitat en raison de l'activité humaine, mais celle-ci se rapproche. Les 80% des gorilles restant sont sévèrement menacés par les modifications d'habitat provoquées par les humains (Harcourt 2003). Les gorilles des montagnes, avec une population d'environ 100 individus, habitent dans un parc national bien protégé qui s'appelle la zone de conservation Virunga qui est composé du Parc National des Virunga, du Parc National des Volcans et du Parc national des gorilles de Mgahinga (Steklis et Gerard-Steklis 2001). Dans cette région, la destruction de l'habitat a diminué dans les dernières années (Tutin et Vedder 2001; Plumptre et al 2003). La population humaine augmente aux alentours des zones où vivent les gorilles des montagnes et i n'y a plus de zone tampon entre les gorilles et les hommes; les activités humaines comme l'élevage des bovins et l'exploitation forestière ont posé problème dans le passé et pourraient resurgir en raison de l'instabilité politique que produirait une autre guerre civile (Oates 1995; Steklis et Gerald-Steklis 2001).

Les gorilles des plaines de l'est habitant dans la République démocratique du Congo qui est déchirée par la guerre, perdent leur habitat plus rapidement que les autres populations des gorilles (Plumptre et al. 2003). L'exploitation forestière et agricole et l'élevage de bétail sont des activités économiques importantes pour les humains qui mènent à la modification de l'habitat dans le domaine vital du gorille des plaines de l'est. Les populations des plaines sont forcées de se déplacer vers des altitudes plus élevées où les flancs escarpés ne sont pas favorables à l'agriculture et à l'élevage en ranch, et ceci isole la population de plus en plus (Ilambu 2001). Après les guerres de 1996 et 1998-99, un afflux soudain de réfugiés de Rwanda a aggravé le problème avec une augmentation des pressions sur la forêt pour le bois de chauffage et la collecte de nourriture. Il n'est pas possible d'évaluer les conséquences à long terme de cette soudaine augmentation de la population humaine (Ilambu 2001; Tutin et Vedder 2001). L'exploitation minière en République démocratique du Congo a eu aussi des effets désastreux sur l'habitat et la population des gorilles (Stoinski pers. comm.). L'écotourisme peut être une entreprise positive et profitable pour quelques communautés, mais quand il est mal contrôlé, il peut avoir un impact négatif sur les populations de gorilles et leur habitat. Étant une source de revenus pour les communautés locales, les fréquents grands groupes de touristes impactent sévèrement la végétation de haute altitude et dérangent les gorilles (Tutin et Vedder 2001).

La majorité des gorilles de l'ouest habite en dehors des zones protégées et est donc encore plus menacée par la modification de l'habitat opérée par les humains. Heureusement, les gorilles que l'on trouve dans les forêts éloignés du Bassin de Congo ne sont pas soumis à la perturbation anthropique. Cependant, les gorilles peuvent supporter l'exploitation forestière car ils préfèrent la végétation secondaire qui repousse après déforestation (White et Tutin 2001; Plumptre et al. 2003). Malheureusement, avec l'abattage massif apparaît une fragmentation de l'habitat par les routes et un accès facilité pour les chasseurs. Dans certaines régions de leur territoire où les populations humaines sont nombreuses et continuent d'augmenter, on voit une demande croissante des produits d'exploitation forestière, c'est le cas au Nigeria (le gorille de la rivière Cross), dans le sud du Congo, et dans certaines régions de la Guinée équatoriale (Tutin et Vedder 2001).

Solutions Potentielles

De grands progrès ont été faits et ont inversé le déclin de population des gorilles des montagnes. Avec le support de Dian Fossey, une spécialiste renommée des gorilles, le Mountain Gorilla Project a été lancé au Rwanda en 1979 et comprend de multiples approches de conservation, de l'éducation, à l'écotourisme, en passant par l'établissement de patrouilles pour empêcher les hommes et le bétail d'entrer dans les zones protégées (Steklis et Gerald-Steklis 2001; Tutin et Vedder 2001). Tandis que le Mountain Gorilla Project est devenu l'International Gorilla Conservation Program et poursuit toujours son travail, d'autres organisations ont participé à des programmes similaires visant à éduquer les populations locales, et maintenant, les gorilles des montagnes sont devenus une source de fierté régionale et nationale (Tutin et Vedder 2001).

Plus de sécurité est nécessaire aux environs du parc national Kahuzi-Biega, où les gorilles des plaines de l'est sont étudiés (Tutin et Vedder 2001). Bien que l'écotourisme ait été un succès sur ce site pendant un temps, sa mauvaise gestion a perturbé la population de gorilles et entraîné une destruction de l'habitat. Étant donné que l'intérêt pour les gorilles existe toujours et que l'écotourisme est une entreprise profitable, des opérations bien gérées se concentrent sur des groupes touristiques de petite taille et à moindre fréquence et rétablissent ainsi l'économie locale dans cette région de la République démocratique du Congo. Malheureusement, l'instabilité politique dans cette région empêche actuellement de telles actions, et l'effort doit être concentré pour protéger l'habitat contre la pénétration des populations humaines qui extraient les ressources forestières, en faisant appel à des gardes et en assurant une présence continue des chercheurs. La columbotantalite (appelées aussi Coltan), est un minerai utilisé dans la fabrication des semi-conducteurs électroniques, incluant des téléphones portables et des ordinateurs. Des réserves de coltan sont dispersées dans toute la République démocratique du Congo, et ces réserves attirent des milliers de personnes dans les zones habitées par les gorilles, ce qui affecte les populations. A la fin des années 90, le coltan a atteint une valeur de 80 $ US par kilogramme et il était très attractif pour des personnes qui gagnaient moins de 30 $ US par mois (Plumptre et al. 2003). Malheureusement, on a trouvé des réserves énormes de ce minerai dans le parc national de Kahuzi-Biega et des milliers de colons dans des camps de minerai ont sévèrement affecté la population locale des gorilles des plaines de l'est.

Les marais habités par les gorilles des plaines de l'ouest qui sont inappropriés pour l'exploitation forestière commerciale et difficiles d'accès pour la population locale pendant la saison des pluies doivent être privilégiés pour mener des activités de conservation. Ces régions ont des densités de populations de gorilles élevées et devraient être protégées de futures incursions humaines (Tutin et Vedder 2001). C'est une tâche difficile que de convaincre les gens de protéger une population qui n'est pas actuellement en danger; il faut souligner que si ces populations sont en bonne santé, elles le resteront uniquement si elles sont protégées de la destruction de leur habitat (Tutin et Vedder 2001). Dans les régions où les gorilles des plaines de l'ouest sont menacés par les exploitations agricoles et l'abattage sélectif, il faut établir des zones protégées associées à des sites de recherches en activité. Les principaux parcs qui ont été établis dans le territoire des gorilles des plaines de l'ouest incluent le parc national de Dzanga-Sangha en République centrafricaine et le parc national de Nouablale-Ndoki au Congo (Tutin et Vedder 2001). Une autre région clé qui n'a pas encore de statut de protection est le parc national de Lopé au Gabon où les chercheurs ont beaucoup travaillé pour habituer les gorilles.

Menace: Les espèces invasives étrangères

Les gorilles sont fortement susceptibles aux maladies humaines et sont immunologiquement naïfs; l'afflux des braconniers, soldats, communautés locales, et animaux domestiques facilite la diffusion d'agents pathogènes dans les petites communautés (Mudakikwa et al. 2001; Plumptre et al. 2003). Au Gabon et au Congo, les gorilles sont actuellement menacés par une épidémie de la fièvre hémorragique Ebola. Même dans les régions les plus reculées de leur domaine vital, les populations des gorilles des plaines de l'ouest ont diminué au moment même où la maladie est apparue dans les populations humaines et où des carcasses ont été testées positives pour l'Ebola (Walsh et al. 2003).

Quelques autres exemples de transmission zoonotique incluent une épidémie de la gale observée parmi un groupe des gorilles des montagnes dans la Parc National Impénétrable de Bwindi. Le groupe entier a été infecté et un jeune est mort tandis qu'une maladie respiratoire a tué six gorilles des montagnes dans les volcans Virunga en 1988 (Wallis et Lee 1999). Dans la zone de conservation Virunga, les urgences et la surveillance préventive ont été assurées par le Mountain Gorilla Veterinary Project depuis 1985 (Mudakikwa et al. 2001). Les principaux groupes qui présentent un risque pour la transmission de maladies sont les populations autochtones, le personnel des organismes de conservation et les écotouristes (Mudakikwa et al. 2001). Bien que le contact entre les gorilles et les populations autochtones soit limité à l'entrée illégale dans les parcs ou quand les gorilles sortent des parcs pour aller dans les cultures, ce contact est suffisant pour diffuser les maladies aux gorilles qui sont vulnérables et celles-ci incluent la gale, les infections respiratoires, les parasites intestinaux, les maladies de peau et la rougeole (Mudakikwa et al. 2001). Les maladies sont également transmises entre le personnel des parcs et les touristes et les gorilles également, et bien que des précautions soient prises, ces maladies représentent toujours une menace pour la santé des gorilles des montagnes.

Solutions Potentielles

Eduquer les communautés locales sur les maladies zoonotiques peut permettre de diminuer la transmission des maladies, mais fournir également un meilleur accès aux soins médicaux serait utile. Dans les zones où les gorilles sont en contact avec les chercheurs, les visiteurs des parcs et le personnel, il faudrait mettre en application un protocole plus strict incluant des masques protecteurs, des gants et une vaccination obligatoire; observer une distance plus importante vis-à-vis des animaux pourrait aussi diminuer les possibilités de transmission des maladies (Butynski 2001). Actuellement, les chercheurs sur le terrain qui travaillent sur les populations des gorilles des montagnes font partie d'un programme de santé conçu pour limiter la transmission des maladies aux gorilles (Stoinski pers. comm.). Dans les populations aussi petites que celles des gorilles des montagnes et de la rivière Cross, il est nécessaire de réduire la possibilité de transmission des maladies infectieuses puisqu'elles peuvent éliminer totalement les deux populations.

La recherche sur les vecteurs et les vaccins du virus Ebola est nécessaire pour diminuer la souffrance des grands singes et humains dans les régions où cette maladie se déclare (Walsh et al. 2003). S'ajoutant à la recherche épidémiologique, une présence policière est nécessaire pour interdire le contact entre les grands singes et les humains, particulièrement dans les régions visées. Ceci inclue les prévisions du transfert des maladies (parmi les grands singes et les humains), anticiper les zones où le prochain cas se produira, et la mise en place de politiques strictes et une police efficace pour isoler les foyers potentiels.

Menace: La récolte (la chasse et la cueillette)

Dans certaines régions, la chasse pour la viande et la capture des animaux pour les collectionneurs sont une plus grande menace que la perte d'habitat. Dans les zones où les populations humaines gagnent du terrain sur l'habitat des gorilles et où l'exploitation forestière pour le bois de chauffage et de construction existe, le braconnage est également un problème et a pour but soit l'alimentation, soit la vente (Plumptre et al. 2003).

Les gorilles des montagnes qui habitent dans la zone de conservation Virunga sont très protégés, et bien que le braconnage ait été réduit à zéro, les dernières années ont vu une réapparition du braconnage des jeunes individus pour le commerce des animaux de compagnie (Stoinski pers. comm.).

Pour les gens du pays qui habitent dans le domaine vital des gorilles des plaines de l'est, manger la viande d'un gorille est traditionnellement tabou, mais ces coutumes sont en train d'être modifiées. La guerre civile en République démocratique du Congo a contribué à la famine et les gorilles des plaines de l'est ont été consommés pour survivre (Plumptre et al. 2003). L'exploitation du coltan dans le parc national de Kahuzi-Biega a entraîné un déclin radical de la population de gorilles, pas uniquement à cause de la perturbation de l'habitat, mais à cause de la chasse pour la viande de brousse de la part des milliers de mineurs qui vivent dans les camps (Plumptre et al. 2003). L'insécurité dans cette région empêche les gardes d'arrêter l'afflux de ces mineurs et la chasse continuera si le prix du colton augmente à l'avenir.

Les gorilles de l'ouest qui habitent dans les régions où l'abattage augmente continuellement sont aussi victimes de la chasse. L'abattage et le marché de la viande de brousse sont inextricablement liés et malheureusement, la structure sociale des gorilles des plaines de l'ouest les rend particulièrement susceptibles à la destruction même par un faible nombre de chasseurs (Tutin et Vedder 2001). Les groupes entiers des gorilles des plaines de l'ouest peuvent être anéantis par un ou quelques braconniers. Le dos argenté d'un groupe approchera et se montrera s'il a perçu une menace comme les braconniers, et est donc une cible facile et vite tuée. Les braconniers capturent les jeunes pour les vendre comme animaux de compagnie, en tuant souvent la mère qui défend son enfant (Tutin et Vedder 2001). En effet, les braconniers peuvent atteindre des régions forestières denses et isolées grâce aux routes créées par les compagnies de déforestation qui donnent l'accès à la forêt profonde depuis les petites villes (Butynski 2001; Plumptre et al. 2003). Le personnel des compagnies qui habitent dans les petites villes de bûcherons a en général les moyens d'acheter la viande, et la viande de brousse est moins chère que les autres sources de protéine. Presque toutes les facettes de l'industrie de la viande de brousse sont contrôlées ou facilitées par les entreprises d'abattage qui vendent des fusils et des munitions, fournissent des câbles pour des pièges, transportent des braconniers dans les forêts dans les camions, apportent la viande de la forêt sur les camions. Après les employés achètent la viande en ville, et des bateaux et camions la transportent aux marchés plus grands (Butynski 2001; Wilkie et Carpenter 2001).

Solutions Potentielles

Pour empêcher les communautés locales de chasser les gorilles pour leur viande, une valeur économique doit être donnée aux gorilles vivants. Alternativement, l'aide mondiale et les organisations de développement doivent procurer des incitations fiscales à des projets qui ne nuisent pas aux gorilles et qui incluent des sources alternatives de protéines. L'éducation des communautés locales et des intermédiaires est également nécessaire pour faire diminuer l'industrie de la viande de brousse. Inclure les intermédiaires dans les stations de recherche, les programmes d'éducation, est une autre façon de fournir des opportunités économiques et des primes pour protéger les gorilles tout en créant un lien entre les grands singes et les êtres humains.

Les entreprises forestières étrangères doivent aussi être tenues pour responsables de leur rôle dans l'industrie da la viande de brousse. Un boycott des bois tropicaux achetés à ces entreprises dans les pays développés ou l'annulation des concessions d'abattage dans les régions où ces entreprises sont impliquées dans le transport de la viande de brousse pourraient contribuer à la diminution de ce commerce (Butynski 2001). En outre, des programmes de certification qui ne nuisent pas aux gorilles pourraient être mis en place et des experts indépendants pourraient valider les bonnes pratiques des entreprises d'abattage et donner ainsi une alternative aux consommateurs occidentaux qui s'intéressent aux bois tropicaux (Butynski 2001).

Les refuges et sanctuaires in situ pour les gorilles orphelins confisqués sur les marchés jouent un rôle important qui aident la police et servent de centres d'éducation pour les communautés locales.

Menace: La mortalité accidentelle

L'industrie de la viande de brousse cible d'autres animaux que les primates comme les duikers, les cochons et les rongeurs (Mudakikwa et al. 2001; Wilkie et Carpenter 2001). Malheureusement, les pièges sont une cause fréquente de blessures à la main des gorilles et ces blessures peuvent causer la perte d'un membre ou la mort douloureuse si elles ne sont pas traitées (Mudakikwa et al. 2001). Des gorilles qui se retrouvent coincés dans des pièges luttent pour se dégager. En luttant, les gorilles se coupent les membres, mains et pieds et si ces blessures s'infectent, sans soins médicaux, le gorille mourra probablement (Mudakikwa et al. 2001; Plumptre et al. 2003).

Solutions Potentielles

Même si on fait des patrouilles, le retrait des pièges est un défi constant dans les régions où les gorilles sont sympatriques avec les animaux chassés (Hall et al. 1998; Plumptre et al. 2003). Les gorilles des montagnes qui rencontrent les pièges et s'y blessent sont traités par le personnel médical d'urgence du Mountain Gorilla Veterniary Project. Ce processus abaisse considérablement les cas d'amputation et d'infection bactérienne. Quand le piège est enlevé, les blessures sont nettoyées et traitées, et l'animal est surveillé pour évaluer s'il a besoin de soins complémentaires (Mudakikwa et al. 2003). Bien que ce type de traitement sur des gorilles sauvages présente des défis et risques considérables, on pourrait le reproduire pour d'autres populations habituées car ce programme a beaucoup réduit la mortalité due aux blessures par piège parmi les gorilles des montagnes. Les patrouilles contre les pièges par les chercheurs et les assistants de terrain, assorties de l'intervention sur les blessures peuvent réduire la mortalité accidentelle des gorilles.

Menace: La persécution

Grands et imposants, les gorilles sont souvent perçus comme dangereux par la majorité des humains qui partage leur domaine vital et leurs raids peu fréquents sur les plantations n'arrangent pas leur image (Hart et Hall 1996; Tutin et Vedder 2001). En outre, les gorilles qui attaquent et causent des blessures sérieuses aux fermiers des fermes adjacentes aux parcs sont bien plus méprisés et sont la cible de représailles (Butynski 2001).

Solutions Potentielles

Les programmes d'éducation publique sur les gorilles peuvent augmenter la tolérance dans les communautés locales des fermes et plantations qui sont en contact avec eux. L'éducation des membres de la communauté sur la valeur unique des gorilles et les relations qu'ils ont avec leur écosystème, assortie de compensations en cas de blessures ou récoltes perdues ou endommagées pourraient améliorer le rapport gorille-homme dans quelques régions.

Menace: Les catastrophes naturelles

Les gorilles de la rivière Cross habitent dans une partie minuscule de la forêt au Nigeria et Cameroun où la saison sèche est longue et la forêt susceptible à des feux destructifs. Les feux allumés hors de leur domaine vital par les fermiers, chasseurs, et bergers peuvent devenir incontrôlables et ravagent les forêts sèches, causant des dommages significatifs (Oates et al. 2003).

Solutions Potentielles

Une approche pour réduire les feux de forêt est de décourager l'usage du feu comme moyen de déforestation. Limiter les feux à certaines périodes de l'année quand la forêt n'est pas aussi inflammable est une autre solution pour éviter les feux destructeurs.

Menace: Les changements dans la dynamique des espèces indigènes

Tandis que les gorilles et chimpanzés ont des domaines vitaux qui se chevauchent dans de nombreuses régions partout en Afrique, les deux espèces ne sont pas en compétition pour l'accès aux ressources; ils évitent activement la compétition en exploitant les niches différentes à des périodes différentes (Kuroda et al. 1996; Yamagiwa et al. 1996).

L'effet de la prédation par le guépard sur les populations gorilles est négligeable (Fay et al. 1995).

Menace: Les facteurs intrinsèques

Les longs intervalles inter-naissances et le taux de mortalité élevé des jeunes font que le processus de reproduction est lent pour toutes les sous-espèces des gorilles. Tandis que ces facteurs intrinsèques ne limitent pas la croissance de la population en eux-mêmes, le processus est perturbé quand apparaît une maladie, un taux anormalement élevé de mortalité infantile, un stress causé par la perturbation de l'habitat et autres risques liés à l'environnement, et l'accroissement de la population peut ainsi diminuer (Butynski 2001; Tutin et Vedder 2001).

La mortalité plus élevée pendant la saison des pluies a été bien documentée chez les gorilles des montagnes. Les températures basses associées à un niveau de précipitations élevé entraînent des problèmes de thermorégulation et des infections respiratoires (Watts 1998).

Les populations des gorilles isolées sont menacées par la consanguinité, un domaine vital restreint, et de faibles densités. Les petites populations sont menacées par la diminution de la diversité génétique occasionnée par la reproduction d'animaux de même souche, elles sont vulnérables aux événements stochastiques, et la fixation génétique d'allèles délétères est possible (Oates et al. 2003).

Solutions Potentielles

L'établissement de parcs nationaux bien financés et bien gérés est essentiel à la conservation des gorilles. La communauté internationale devra soutenir les efforts de conservation plus particulièrement dans les pays ravagés par la guerre civile où les défis pour protéger l'habitat sont grands, où les populations vivent dans des conditions désastreuses avec très peu d'aide gouvernementale et où la loi est difficilement appliquée (Plumptre et al. 2003). La conservation intégrée et les programmes de développement peuvent être utiles dans des régions où la souffrance humaine mène à la perte de la biodiversité et les organisations humanitaires doivent créer des projets qui permettent d'aider les populations locales sans sacrifier à l'intégrité des buts de la conservation.

Le maintien des corridors d'habitats entre les fragments de forêts où les sous-espèces les moins nombreuses existent avec une protection stricte de ces régions contre les braconniers et l'empiétement par les populations humaines aideront à renforcer le flux des gènes.

Menace: La perturbation anthropique

La guerre et les troubles civils sont des causes indéniables de la perte de la biodiversité en Afrique. Les insurgés armés cherchent refuge dans les forêts, se déplacent entre les frontières, installent des camps et tuent les gorilles pour se nourrir ou pour le sport. De plus, les masses de personnes déplacées recherchent de la nourriture et un abri pour fuir les violents conflits. Ces faits ont pour résultat des grandes étendues de terre qui ont été déforestées pour le bois de chauffage, les gorilles chassés pour la nourriture, et la transmission de maladies entre les humains et les gorilles. Bien que l'ampleur des dommages suivant de tels conflits est largement inconnu, il est évident que cela aura un impact négatif sur toutes les sous-espèces de gorilles (Vedder et al. 2001; Plumptre et al. 2003).

Solutions Potentielles

En regardant les tendances historiques de guerre et des troubles civils, on peut prédire les menaces potentielles futures pour les gorilles. Par exemple, les parcs et réserves situées sur les frontières des pays sont extrêmement susceptibles de devenir des zones d'opérations militaires; pendant les périodes de guerre le personnel des parcs et leurs familles rencontrent un risque élevé et l'aide financière internationale diminue (Vedder et al. 2001). Il y a quelques leçons positives à retenir tout de même. Dans les zones où les activités d'écotourisme sont importantes, dans les régions où des projets de recherche à long terme existent, il est probable que moins de dommages et pertes se produiront, et le soutien et l'engagement des jeunes générations de personnel ne doivent pas être sous-estimés (Vedder et al. 2001). Bien qu'il y ait apparemment peu de solution aux tensions profondément enracinées dans la région, les acteurs de la conservation doivent rester optimistes sur la grande capacité de rétablissement des populations et de la faune, qui ne doit pas être sous-estimée.

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Dernière modification de cette page: 4 octobre 2005

Ecrit par Kristina Cawthon Lang. Révu par Tara Stoinski.
Traduit par Kristen Barron et Odile Petit.

Citer cette page:
Cawthon Lang KA. 2005 4 octobre. Les Feuilles Instructives du Primate: Gorille (Gorilla) Conservation . <http://pin.primate.wisc.edu/factsheets/french/gorilla/cons>. Accédé 2014 23 août.