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Chimpanzé
Pan troglodytes

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STATUT DE CONSERVATION

CITES: Annexe I
Liste rouge de l'UICN: P. troglodytes: EN
Clé: EN = En danger

Avec seulement 100 000 à 200 000 individus restant milieu naturel et environ 250 individus dans les zoos aux Etats-Unis, les chimpanzés sont les primates les plus menacés de l'Afrique pour de nombreuses raisons (Goodall 2001). Les chimpanzés d'Afrique Centrale sont les plus nombreux, avec environ 80 000 individus au Gabon et au Congo, les chimpanzés Est-africains comprennent environ 13 000 individus quoique les estimations de RDC soient très grossières, et les chimpanzés Ouest-africains sont répartis inégalement sans plus de 12 000 individus restant (Oates 1996). Plusieurs facteurs synergiques ont mené à la diminution des populations chimpanzés à travers l'Afrique et les menaces les plus saillantes sont la chasse, la perte et la dégradation de l'habitat due à l'abattage industrialisé, la croissance de la population humaine et les maladies (Kormos 2003; Walsh et al. 2003; Poulsen et Clark 2004). Même au Gabon et au Congo, qui sont considérés comme les fiefs des chimpanzés, les populations sont en baisse à un taux d'au moins 4,7% par an (Walsh et al. 2003).

MENACES SUR LA CONSERVATION ET SOLUTIONS POTENTIELLES

Menace: La destruction et la dégradation du milieu par les hommes

La déforestation dans les tropiques a des causes multiples comme la croissance d'agricole, le surpâturage, la collecte de bois de chauffage, l'abattage commercial, et le développement des infrastructures et de l'industrie (Rowe et al. 1992). L'abattage industrialisé est particulièrement problématique en Afrique parce qu'il compromet directement et indirectement l'habitat où les chimpanzés subsistent. Les conséquences directes de l'abattage incluent la perte des arbres, mais les menaces indirectes sont plus vastes et incluent l'érosion du sol, la perte de la biodiversité, le changement de climat, la désertification, la dégradation des bassins versants, la fragmentation du paysage par les axe routiers, et la facilitation de l'accès pour des colons qui convertissent la forêt abattue en des régions agricoles (Rowe et al. 1992; Wilkie et al. 2000). Les routes qui sont créées posent des problèmes particulièrs parce qu'elles fournissent à l'accès aux forêts jadis isolées qui peuvent maintenant être exploitées pour leuts ressources faunistiques et végétales.

La croissance de la population humaine est un autre facteur sous-jacent de la vulnérabilité des chimpanzés sauvages. Avec l'augmentation de taux de croissance de population, une production de nourriture inadéquate, et l'insécurité politique et économique, les Africains luttent pour atteindre leurs besoins à court terme au détriment des chimpanzés (Butynski 2001). La demande pour des terrains pour le logement, le développement des infrastructures, l'agriculture, et les pâturages des animaux menacent indirectement les chimpanzés à cause de la déforestation. Les besoins en produits forestiers pour des usages de subsistance comme les plantes grimpantes pour la vannerie, les médicaments, la collecte de nourriture, et le bois de chauffage dégradent aussi l'habitat chimpanzé (Conserving the Chimpanzees of Uganda 1997). Avec l'explosion de la population humaine, suivront le développement des infrastructures et la dégradation de l'habitat. Actuellement, plus de 70% de l'habitat des chimpanzés est affecté par les infrastructures et si les taux actuels de la croissance de la population humaine sont maintenus, on estime que par l'an 2030, moins que 10% de l'habitat chimpanzé restera épargné par le développement (Nellemen et Newton 2002).

Solutions Potentielles

Parmi les solutions possibles pour réduire la dégradation de l'habitat causée par l'abattage des arbres citons des pratiques forestières responsables, y compris l'abattage sélectif, l'usage de scies manuelles plutôt que des scies à chaîne, et l'accès des bûcherons limité à seulement quelques jours par semaine (Endroma et al. 1997). Les pratiques forestières durables qui incluent l'abattage sélectif et l'extraction limitée ne contrent pas seulement les effets négatifs de l'abattage des arbres sur les populations chimpanzé, mais en réalité, ces pratiques peuvent augmenter la densité des populations grâce à une abondance plus élevée en fruits dans les parcelles de terre en cours de succession et une diminution de l'usage des équipements mécanisés d'abattage (Plumptre et Grieser Johns 2001). L'établissement de zones de protection stricte dans les régions à haute priorité de conservation est une autre voie possible pour réduire la perte de l'habitat. Cette solution est seulement possible si les stratégies de revenus alternatifs sont fournies aux communautés qui dépendent de l'abattage pour leur revenu.

Menace: Les espèces invasives étrangères

Comme les humains entrent en contact plus facilement avec les chimpanzés au travers de la viande de brousse et des accès facilités par les routes d'abattage, la propagation des maladies zoonotiques comme Ebola, une fièvre hémorragique fatale, menacent les populations humaines et les chimpanzés. Dans certaines régions, Ebola est un souci pour la viabilité des populations de chimpanzés à cause de sa létalité severe et de son étiologie inconnue (Walsh et al. 2003). Parmi les maladies infectieuses qui menacent les chimpanzés se trouvent entre autres le rhume, la pneumonie, la poliomyélite paralytique, la tuberculose, la varicelle, et la grippe (Butynski 2001). Un épidémie d'une de ces maladies peut causé une mortalité massive parmi une petite population et peut potentiellement causé une extinction rapide des sous-espèces et espèces. En 1966, de nombreux nouveaux-nés ont été tués et beaucoup d'adultes ont été paralysés à cause d'une épidémie d'une maladie paralytique (probablement la poliomylétite) à Gombe (Goodall 1986). Le contact proche et constant des populations humaines, des touristes, des guides et du personnel des parcs peut augmenter le risque de transmission des maladies aux chimpanzés et le problème pourrait empirer.

Solutions Potentielles

Pour diminuer la probabilité de transmission des maladies entre les humains et les chimpanzés, on doit limiter la proximité entre humains et animaux autant que possible. Dans les régions où le tourisme, la recherche et les interactions entre la communauté humaine et les chimpanzés sont communes, les précautions plus strictes sont nécessaires pour protéger les animaux des maladies humaines et dans même temps préserver les humains contre les nouvelles maladies des chimpanzés (Butynski 2001). Pour les touristes et les chercheurs qui sont en contact proche avec les chimpanzés, il faut mettre en application certaines consignes telles que le dépistage pour – et les vaccinations contre les maladies comme la tuberculose, et des pratiques sanitaires comme le lavage des mains, les bains de pieds désinfectants, ou les masques chirurgicaux portés en dessous d'une certaine distance des grands singes.

Menace: La récolte (la chasse et la cueillette)

Bien que le commerce de chimpanzés soit défendu, l'instabilité et la corruption politique dans plusieurs pays se traduisent par une faible application de la loi (Ammann 2001). L'augmentation de la disponibilité des armes à feu pendant les dernières décennies a beaucoup augmenté l'efficacité du braconnage. Les armes à feu representent 80% des armes utilisées pour le braconnage, les autres armes utilisées incluent les pièges, les lances et les harpons (Poulsen et Clark 2004). Les armes à feu modernes rendent la chasse de ces grands singes, avec leur grande taille et leur force, plus facile et réussi bien plus efficacement que les armes traditionnelles. Pour les braconniers qui chassent commercialement les chimpanzés, les armes à feu garantissent un plus grand rendement. L'utilisation des armes à feu pourrait faire chuter les populations de chimpanzés de façon exponentiel plus rapidement que si des armes traditionnelles seraient utilisées. En outre, à cause de leurs traits d'histoire de vie, les chimpanzés sont plus prônes à disparaitre que les autres espèces de primates sous l'effet de la chasse. Les primates les plus vulnérables à la chasse sont ceux qui dépendent des forêts anciennes, qui pèsent moins de 4 kg (8,82 livres), qui passent beaucoup de temps au sol, qui sont bruyants et visibles, et qui vivent dans les régions où il a y beaucoup d'humains avec une tradition de chasse des primates ou dans un endroit où il existe une demande pour la viande de brousse (Struhsaker 1999). La question des chimpanzés orphelins est particulièrement problématique. Les braconniers s'intéressent seulement aux adultes pour leur viande, mais tuer une femelle adulte avec des enfants dépendants se conclue soit par la vente de ces enfants ou juvéniles à l'industrie des animaux de compagnie soit dans la mort de ces derniers par manque de soins maternels essentiels à leur développement.

Un autre facteur qui a facilité la chasse est l'expansion de l'abattage industrialisé des arbres. L'abattage commercial transforme les forêts sans routes en de grandes arteres d'un accès facile pour les chasseurs commerciaux. Les braconniers trouvent leur propre moyen de transport ou bien font de l'autostop jusqu'aux forêts dans les camions d'abattage, et les bûcherons, après leur travail quotidien, peuvent rester pour chasser avant de rentrer en ville (Ammann 2001). L'infrastructure ne facilite pas seulement l'accès aux forêts pour les braconniers (y compris dans les aires naturelles d'accès contrôlé et les parcs), mais l'afflux de main d'œuvre qui travaille pour les entreprises d'abattage augmente la demande en viande de brousse, qui est moins chère que les autres sources de protéine vendues dans les marchés des villages dans les zones d'abattage (Walsh et al. 2003). En plus de fournir l'accès aux endroits où les chimpanzés sont disponibles, les entreprises d'abattage fournissent les armes à feu, les matériaux pour les pièges, le transport vers des régions de chasse ainsi que la transport des carcasses aux marchés des grandes villes. Certains employés des entreprises d'abattage sont impliquées dans chaque étape du processus, des outils pour faire des armes à feu jusqu'à la consommation de la viande (Ammann 2001).

Solutions Potentielles

Si on veut stopper l'industrie de la viande de brousse, on doit avant atteindre certains objectifs importants et difficiles. D'abord, les gouvernements des pays africains doivent exécuter des politiques d'exploitation durable des ressources naturelles dans leur pays et les institutions internationales comme la Banque Mondiale doivent commencer à offrir des primes économiques et politiques pour exécuter des projets de développement qui soient soucieux de l'environnement et qui excluent l'usage des ressources naturelles non renouvelables (Butynski 2001). Mais ces projets doivent aussi inclure le développement des nouvelles sources d'alimentation alternatives à la viande de brousse.

En outre, les entreprises d'abattage d'arbre devraient être tenues aux codes de conduite et responsabilisées par les consommateurs occidentaux. Les entreprises d'abattage détentrices de baux sur les forêts viennent d'habitude des pays développés;, une pression internationale sur ces entreprises pourrait certainement être assez forte pour changer en partie leurs pratiques. Des programmes de certification basés sur des techniques et des pratiques d'extraction durables sont une autre option pour diminuer la chasse de la viande de brousse (Butynski 2001). Les critères de certification, révisés par des tiers indépendants, pourraient inclure le contrôle du commerce de la viande de brousse et le maintient de la biodiversité comme aspects centraux du processus d'accréditation. Des programmes d'éducation et du matériel pedagogique dans les zoos et sur Internet peuvent transmettre le message aux consommateurs occidentaux que l'achat des bois tropicaux non certifiés provenant d'Afrique affecte la biodiversité, l'habitat des chimpanzés, et aussi les Africains eux-mêmes.

Une autre étape à laquelle les gouvernements africains doivent faire face est la transformation des Parcs « sur le papier » en Aires protégées légitimes. Une application stricte des lois sur les Aires protégées et sur le commerce des chimpanzés reduirait aussi le nombre de chimpanzés tués pour leur viande. De même, des gardes et des patrouilles sont nécessaires au sein des Parcs pour dissuader les chasseurs d'entrer dans les Aires protégées pour y chercher des chimpanzés.

Enfin, des refuges pour les chimpanzés orphelins sont nécessaires pour réhabiliter les nouveaux-nés et juvéniles et pour les soustraire à une vie anormale comme animaux domestiques. Les orphelinats de chimpanzés, bien qu'ils ne soient pas idéals, peuvent garantir des périodes de socialisation et d'apprentissage relativement normales, et finalement les chimpanzés orphelins peuvent être réintroduits dans leur habitat naturel ou utilisés dans des programmes d'élevage captif si nécessaire.

Menace: La mortalité accidentelle

A travers une grande partie de leur aire de repartition, les chimpanzés sont menacés par les pièges placés par les braconniers et les fermiers. Alors que les pièges ne tuent pas les chimpanzés adultes immédiatement, les blessures causées par les pièges peuvent s'infecter. Les pièges peuvent aussi défigurer les chimpanzés au point qu'ils ne puissent plus acquérir et manger leur nourriture (Endroma et al. 1997; Quiatt et al. 2002; Reynolds et al. 2003). A Kibale, 3,7% des chimpanzés sont blessés chaque année par les pièges, et bien que les animaux aient appris à reconnaître les pièges, ils se font souvent attrapés s'ils sont inattentifs (Wrangham 2001).

Solutions Potentielles

Les gardes et les patrouilles dans les Parcs et les Aires protégées qui cherchent et désarment les pièges peuvent baisser le taux de mortalité accidentelle. Les chimpanzés habitués dans les groupes de recherche pourraient recevoir le traitement médical de base, comme des antibiotiques, pour les blessures infectées si nécessaire, bien que l'immobilisation des chimpanzés pour le traitement vétérinaire soit souvent difficile et dangereux (Wrangham 2001).

Menace: La persécution

Dans les régions où les chimpanzés coexistent avec les humains pratiquant l'agriculture, ces grands singes peuvent être vus comme des animaux nuisibles qui font des raids sur les récoltes, et dans les cas peu fréquents, qui peuvent tuer des enfants humains (Endroma et al. 1997; Wrangham 2001; Reynolds et al. 2003). Les chimpanzés jugés nuisibles sont souvent tués par les fermiers et puis vendus pour de l'argent ou donnés aux chiens de chasse comme nourriture (Wrangham 2001).

Solutions Potentielles

Etant donné la croissance de la population humaine à travers l'Afrique, il est peu probable que le conflit humain-chimpanzé diminue. Par conséquent, la meilleure solution pour augmenter la tolérance vis à vis des chimpanzés et pour diminuer leur persécution dans les régions où les deux espèces coexistent est de valoriser les animaux pour les populations locales par le biais de l'écotourisme et de la recherche (Wrangham 2001). Bien qu'aucunes des deux solutions ne soient pas parfaites, elles ont aussi leurs avantages. Ces deux solutions offrent une occasion pour les communautés locales de profiter financièrement de la présence des chimpanzés et ainsi augmenter leur tolérance face aux raids sur leurs récoltes. L'écotourisme et les programmes de recherche, soit grâce à des emplois directs soit par des compensations pour les personnes qui ont perdues leur récolte à cause des chimpanzés, changent les attitudes vis à vis des chimpanzés et augmentent leur acceptation dés lors que ces grands singes commencent à "rapporter" par leur présence.

Menace: Les changements dans la dynamique des espèces indigènes

Quoiqu'on n'ait pas beaucoup dinformations à ce sujet, il existe une possibilité que des agents pathogènes et des parasites puissent causer une mortalité massive dans les populations chimpanzés (Butynski 2001). Plus de 100 maladies parasitaires, comprenant des pathogènes protozoaires et métazoaires, affectent les grands singes. Ces maladies peuvent être fatales ou causer de la morbidité avec des conséquences graves pour le comportement et la reproduction. Souvent, la mortalité résulte d'une infection secondaire dans les lésions causées par le pathogène primaire (Toft 1986).

Solutions Potentielles

Dans certains sites de recherche où les chimpanzés sont habitués, il est possible d'administrer des antibiotiques pour les maladies mentionnées ci-dessus et pour d'autres maladies, ce qui peut en diminuer les effets mais sans éliminer la source ou prévenir les infections récurrentes (Goodall 1986).

Menace: Les facteurs intrinsèques

Quelques facteurs intrinsèques, formés par les changements environnementaux causés par l'activité humaine, menacent les populations chimpanzés. Les forts taux de mortalité chez les juvéniles et une mortalité différente selon le sexe laissent présager des taux de croissance des populations lents (Hill et al. 2001). Les facteurs qui contribuent à la forte mortalité chez les chimpanzés sauvages incluent la malnutrition, le manque de soins vétérinaires réguliers, et les dangers naturels comme les prédateurs et l'agressivité des congénères. De plus, à cause de leur longevite et de leurs caractéristiques reproductives, une femelle chimpanzé est censée produire seulement 0,8 filles, en moyenne au cours de sa vie (Hill et al. 2001). Ce chiffre est bien au-dessous du taux de renouvellement, et un léger changement de la composition de la population, causé par les maladies, la fragmentation de l'habitat, ou le braconnage pourrait affecter négativement le taux de croissance, et causer une extinction locale.

Une consanguinité induite par la fragmentation de l'habitat pourrait aussi constituer une menace sur la conservation des chimpanzés. Les stratégies pour éviter la consanguinité sont évidentes dans le comportement d'accouplement des femelles; elles cherchent souvent des copulations en dehors de leur groupe et évitent activement l'accouplement avec leurs proches dans la communauté. La fragmentation de l'habitat, en isolant les femelles, pourrait soit les forcer à s'accoupler avec des membres apparentés de leur communauté, soit empêcher la réussite de leur dispersion de leur communauté natale (Gagneux et al. 1999). Les problèmes potentiels associés à la consanguinité sont particulièrement sérieux dans les communautés les moins nombreuses et incluent la dépression de consanguinité et les mutations génétiques (Marsh 2003).

Solutions Potentielles

Les facteurs intrinsèques qui menacent les chimpanzés et qui sont aggravés par l'influence humaine, comme la dépression de consanguinité en raison de la fragmentation de l'habitat et la forte mortalité des juvéniles à cause du transfert des zoonoses devraient être la principale préoccupation des programmes de conservation. La création de corridors pour augmenter le flux de gènes entre populations et une augmentation du nombre d'Aires protégées aideraient à diminuer le risque de consanguinité. L'apport de soins vétérinaires sur les sites où on trouve les chimpanzés habitués pourrait soulager la souffrance due aux maladies transmises par les populations humaines locales.

Menace: La perturbation humaine

On a consacré beaucoup de temps et d'énergie à habituer les chimpanzés sur certains sites de recherche en Afrique. Les chimpanzés sont habitués aux humains dans les sites où ils ont été beaucoup étudiés, et quoique l'habituation des animaux soit utile pour les chercheurs, elle présente un risque pour la santé des grands singes. En outre, sur les sites où les chercheurs ont essayé d'habituer les chimpanzés mais n'ont pas réussi, la réponse la plus commune des animaux est la curiosité et la confiance vis à vis des humains (Tutin et Fernandez 1991; Morgan et Sans 2003). Les chimpanzés habitués aux humains ou ceux qui n'ont pas peur des humains au premier contact sont vulnérables au braconnage et aux maladies.

La guerre et l'instabilité civile sont, malheureusement, relativement communes en Afrique depuis la fin du colonialisme. Les effets de l'instabilité politique et des conflits sur la faune, en particulier les chimpanzés, ne devraient pas être sous-estimés. Au Rwanda, par exemple, la guerre civile commençée dans les années 90 a directement affecté les chimpanzés à cause des mines terrestres et des mortiers dans les forêts. Les conséquences indirectes de la guerre incluent la dégradation de l'habitat due aux masses de personnes cherchant refuge dans les forêts protégées et le désengagement des financements pour les programmes de conservation et recherche (Plumptre et al. 2001).

Solutions Potentielles

Il est très important que la recherche sur les chimpanzés continue, y compris par observation directe. Les pratiques de recherche actuelles dans ce domaine sont non-invasives et il y a peu de preuves que la présence des travailleurs perturbe les modèles sociaux et la physiologie des chimpanzés; mais il existe quand même des risques associés à l'exposition aux maladies et à la confiance accordée aux humains. Si les chimpanzés sont habitués sur un site de recherche, il faut être extrêmement attentif à protéger physiquement le site et s'assurer de l'absence de braconniers; il est aussi nécessaire de prendre des précautions pour s'assurer que les sujets ne soient pas exposés aux maladies infectieuses.

Alors que les divisions ethniques insolubles mènent à l'instabilité et au conflit dans plusieurs pays africains, il y a peu de choses qu'on puisse faire pour diminuer les dommages aux Aires protégées et aux projets de conservation pendant les futures périodes de l'instabilité. Quand c'est possible, les chercheurs devraient: maintenir une présence de personnel dévoué sur le site, assurer la continuité du financement par la continuité de la recherche, se préparer aux conditions dangereuses, donner une formation approfondie au personnel subalterne, maintenir une neutralité, et fournir de bons moyens de communication entre les sites de recherche et ailleurs (Plumptre et al. 2001).

Les menaces sur la survie des chimpanzés sont étroitement liées et plus d'efforts seront nécessaires résoudre ces problèmes. Le climat économique dans beaucoup de pays où on trouve des chimpanzés encourage la chasse et l'abattage d'arbres (Wilke et al. 2000). Malheureusement, les problèmes liés aux rares opportunités économiques, aux désaccords politiques, et à l'instabilité civile sont trop compliqués pour être résolus avant que les populations chimpanzés ne soient anéanties. L'écotourisme n'est pas une façon d'assurer un revenu viable à cause des conflits civils dans certaines régions d'Afrique. Parce que l'écotourisme n'est pas une solution sûre pour combattre le déclin continu des populations chimpanzés, la conservation doit investir dans des campagnes massives de maintien de l'ordre et pour patrouiller les Parcs et d'autres Aires protégées contre les braconniers (Walsh et al. 2003). Les autres possibilités sont de concentrer sur des régions où les chimpanzés se trouvent naturellement en forte densité et où les populations humaines sont actuellement faibles, par exemple, dans les forêts marécageuses du Congo. Dans ces régions, les chimpanzés utilisent les forêts marécageuses pendant la saison sèche et la terre ferme pendant la saison pluvieuse; la densité de population humaine est faible dans ces régions à cause des difficultés d'acces, de la faible valeur du bois, et du peu d'opportunités d'activités agricoles (Poulsen et Clark 2004). La protection des forêts marécageuses pourrait être facile et efficace pendant la saison pluvieuse et en combinaison avec un accès limité aux zones de collecte pendant la période sèche, la protection d'un grand nombre de chimpanzés pourrait être possible pendant les autres périodes de l'année.

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Dernière modification de cette page: 13 avril 2006

Ecrit par Kristina Cawthon Lang. Révu par Elaine Videan.
Traduit par Kristen Barron et Sylvain Gatti.

Citer cette page:
Cawthon Lang KA. 2006 13 avril. Les Feuilles Instructives du Primate: Chimpanzé (Pan troglodytes) Conservation . <http://pin.primate.wisc.edu/factsheets/french/chimpanzee/cons>. Accédé 2014 23 novembre.