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Chimpanzé
Pan troglodytes

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Statut de conservation:
En danger

Longévité: 40 à 45 ans (en milieu naturel), jusqu'à 60 (en captivité)
Population totale: 200 000 (en milieu naturel), 1 450 (en captivité)
Répartition: Afrique équatoriale
Gestation: 8 mois (240 jours)
Taille: 816 mm (M & F)
Masse: 40 à 60 kg (M), 32 à 47 kg (F)

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TAXONOMIE

Sous-ordre: Haplorrhini
Infra-ordre: Simiiformes
Super-famille: Hominoidea
Famille: Hominidae
Genre: Pan
Espèce: P. troglodytes
Sous-espèce: P. t. schweinfurthii, P. t. troglodytes, P. t. vellerosus, P. t. verus

Autres noms: chimpancé (espagnol); schimpans (suédois); common chimpanzee, robust chimpanzee, Western ou masked chimpanzee (P. t. verus), Central African ou black-faced chimpanzee (P. t. troglodytes), East African ou long-haired chimpanzee (P. t. schweinfurthii), Nigerian chimpanzee (P. t. vellerosus) (anglais).

Certains considèrent que les chimpanzés devraient être classés dans le même genre que les humains, Homo, puisque les humains et les chimpanzés ont divergés depuis seulement quatre à six millions d'années (Groves 2001). Un tel changement taxonomique pourraient avoir des impacts énormes sur la façon dont les chimpanzés sont perçus et les droits qui leur seraient étendues. Par exemple, en catégorisant les chimpanzés comme Homo, il pourrait être considéré contraire à l'éthique de les garder dans les zoos ou de les utiliser pour la recherche.

MORPHOLOGIE

Les chimpanzés montrent peu de différences morphologiques entre les sous-espèces. Ils ont une carrure plus robuste que les bonobos (Pan paniscus) et sont présentent un léger dimorphisme sexuel. Les mâles pèsent en général de 40 à 60 kg (88,2 à 132 livres) et les femelles, entre 32 et 47 kg (70,5 et 104 livres) (Rowe 1996). Les mâles et les femelles ont une taille moyenne de 816 mm (2,86 pieds) (Rowe 1996).

Pan troglodytes
Photo: Frans de Waal

Les chimpanzés ont la fourrure noire mais ils naissent avec un visage pâle et une touffe de queue blanche, qui fonceront avec l'âge. Ils ont les oreilles proéminentes et les mâles et les femelles ont une barbe blanche.

Les types de locomotion incluent la marche quadrupède, les membres anterieurs reposant sur le dos des phalanges des doigts (knuckle-walking) et la bipédie occasionnelle. Les chimpanzés sont à la fois terrestres et arboricoles, et le nombre d'heures passées au sol varie selon le site d'étude et le sexe d'animal (Doran 1996). Tous les chimpanzés construisent un nid dans des arbres pour passer la nuit (Rowe 1996).

La durée de vie moyenne des chimpanzés est entre 40 et 50 ans, bien qu'elle soit considérablement plus longue pour les chimpanzés captifs (Macdonald 2001).

REPARTITION

CARTES DE REPARTITION (LISTE ROUGE DE L'UICN):
Pan troglodytes

Les chimpanzés se repartissent de l'ouest à l'est de l'Afrique équatorial. Leur aire de repartition s'étend sur 22 pays: l'Angola, le Burkina Faso, le Cameroun, la République Centrafricaine (RAC), le Congo, la Côte d'Ivoire, la République Démocratique du Congo (RDC), la Guinée Equatoriale, le Gabon, le Ghana, la Guinée, La Guinée Bissau, le Libéria, le Mali, le Nigeria, le Rwanda, le Sénégal, la Sierra Leone, le Soudan, la Tanzanie et l'Ouganda (Butynski 2001; Nishisa et al. 2001). Cette région représente une aire totale d'environ 2,5 million km² (965 255 mi²) bien que la majorité (environ 77%) de la population totale estimée se trouve dans seulement deux pays, le Gabon et le Congo (Cowlishaw et Dunbar 2000). Le parc national d'Odzala au Congo a la densité de population la plus élevée des chimpanzés dans l'Afrique central avec 2,2 individus par km² (1,37 par mi²) alors que le Gabon a la population la plus nombreuse (Bermejo 1999; Butynski 2001). Les chercheurs estiment que la population des chimpanzés sauvages compte entre 100 000 et 200 000 individus (Nishida et al. 2001). Il y a approximativement 250 animaux dans les zoos et 1 200 dans les complexes de recherche (Goodall 2001).

Les chimpanzés ont été étudiés sur 41 sites, mais il y a peu de sites de recherche à long terme et quelques scientifiques éminents furent à l'origine de decouvertes inestimables sur la biologie, la société et la culture des chimpanzés. En 1960, Jane Goodall commencait la première étude à long terme des chimpanzés sauvages (P.t. schweinfurthii). Ses recherches en Tanzanie au parc national de Gombe Stream ont mené aux découvertes significatives sur les relations sociales, l'utilisation d'outils et la guerre dans les sociétés chimpanzés. Sur un autre site en Tanzanie, Toshisada Nashida a commencé un projet de recherche à long terme sur les chimpanzés (P.t. schweinfurthii) du Parc National des Montagnes Mahale. Christophe et Hedwige Boesch ont dirigé les recherches sur les chimpanzés (P.t. verus) au Parc National Taï en Côte d'Ivoire depuis 1976. D'autres sites de recherche importants incluent Bossou en Guinée et des sites en Ouganda dont le site de Ngogo dans le Parc National de Kibale et la Réserve Forestiere de Budongo.

HABITAT

Par leur vaste distribution, les chimpanzés occupent une large variété de types d'habitat qui incluent les savanes sechess, les forêts tropicales sempervirentes, les forêts tropicales de montagne, les forêt marécageuses et les mosaïques forêt sèche-savane (Goodall 1986; Fruth et al. 1999; Poulsen et Clark 2004). Pour vivre dans des habitats aussi différents, les chimpanzés doivent être capables de s'adapter. Dans les forêts tropicales de plaine, il y a peu de changement de température entre saisons, l'humidité est toujours élevée, et il y a peu de jours secs chaque année. Au contraire, les régions arides, comprenant les limites nord et sud-est de leur aire (le Sénégal et la Tanzanie, respectivement), montrent de grandes fluctuations de température et d'humidité au long de l'année de même que de longues périodes de sècheresse (Goodall 1986). Un autre habitat sec où les chimpanzés ont été observés est le site de Semliki en Ouganda où la moyenne pluviométrique annuelle est 1 206 mm (3,95 pieds) et la température maximale atteint 34ºC (93,2ºF) (Hunt et al. 2002).

Les caractéristiques de température et de précipitation sont, pour la plupart, disponibles pour les sites de recherche à long terme. Gombe et Mahale ont un climat et de caractèristiques similaires, bien que Mahale soit un peu plus humide avec plus de régions boisées et de plus hautes montagnes (Boesch et Boesch-Achermann 2000). Gombe se compose d'arêtes raides et de vallées qui bordent le lac Tanganyika, un des « Grands Lacs » de l'Afrique. La saisonnalité est ici marquée, avec la saison pluvieuse durant de mi-octobre à mi-mai, le reste de l'année restant très sec. Les températures quotidiennes varient de 18,5ºC à 30ºC (65ºF à 86ºF) au long de l'année, les mois d'août et de septembre étant les mois les plus chauds (Goodall 1986). A cause des variations importantes d'altitude à Gombe, les types de végétation sont extrement variés dans tout le parc: des landes sub-alpines, des bois ouverts, des forêts semi-caducifoliées, des forêts sempervirentes, des prairies boisées, et des plages (Goodall 1986). A Bossou, la région la plus utilisée par les chimpanzés consiste en des forêts caducifoliées secondaires à différents stades de succession qui résultent des parcelles de terrain agricoles laissés en jachère. Les autres régions de Bossou sont constituées de prairies et de forêts primaires (Sugiyama et Koman 1987). Les chimpanzés à Taï habitent la seule forêt tropicale qui reste dans la Côte d'Ivoire (Boesch et Boesch-Achermann 2000). Bien qu'il n'y ait pas de vraie saison sèche, les saisons pluvieuses durent de mars à juin et de septembre à novembre, et la température minimum moyenne est de 18ºC (64ºF) (Boesch et Boesch-Achermann 2000).

ECOLOGIE

Pan troglodytes
Photo: Alain Houle

La régime alimentaire des chimpanzés se compose principalement de fruits, mais ils mangent aussi des feuilles et des bourgeons de feuilles, et le reste de leur régime consiste en un mélange de graines, de fleurs, de tiges, de moelle, d'écorce, et de résine (Goodall 1986). Les chimpanzés sont des frugivores hautement spécialisés et sur tous les sites de recherche, ils mangent préférentiellement des fruit, même quand ces derniers ne sont pas abondants. Ils complètent leur régime principalement végétarien avec des insectes, des oiseaux, des œufs d'oiseau, du miel, de la terre, et des petits mammifères, y compris d'autres primates (Goodall 1986; Boesch et Boesch-Achermann 1989; Isabirye-Basuta 1989). Le mammifère le plus communément consommé est le colobe bai (Procolobus badius), mais ils mangent aussi des babouins cynocéphales (Papio cynocephalus cynocephalus), des céphalophes bleus, des guibs harnachés, des cercopithèques ascagnes (Cercopithecus ascanius) et des phacochères (Boesch et al. 2002). Les chimpanzés passent en général la moitié de la journée à manger, et beaucoup de temps à voyager entre les sources d'alimentation (Goodall 1986). Le temps réellement passé à s'alimenter est fonction du temps requis pour traiter le type d'aliment consommé.

L'utilisation d'outils pour obtenir des aliments a été documentée dans toutes les populations de chimpanzés. Les chimpanzés utilisent des bâtons, des roches, de l'herbe et des feuilles pour collecter et manger du miel, des termites, des fourmis, des noix et de l'eau. Bien que ces outils puissent sembler trop primitifs pour être considérés comme de vrais outils, il sont néanmoins la preuve d'une prévoyance et d'une compétence toutes deux nécessaires pour les faire et pour les utiliser; le manque de complexité ne devrait pas diminuer le fait qu'ils sont toujours des outils (Boesch et Boesch 1993). Par exemple, pour tirer le miel des ruches des abeilles sans dard (mélipones), les chimpanzés utilisent des bâtons courts éfeuillés, des brindilles et de l'écorce pour vider le miel le plus efficacement. Alors que pour vider le miel des ruches des abeilles africaines agressives, les chimpanzés utilisent des bâtons plus longs et minces pour éviter les piqûres douloureuses de ces abeilles (Stanford et al. 2000). Similairement, les chimpanzés éfeuillent des bâtons longs et minces pour extraire les fourmis des nids (Goodall 1986; Boesch et Boesch 1993). Cette pratique requiert un certain niveau d'aptitude, et les enfants et juvéniles doivent beaucoup pratiquer avant de maîtriser la technique. En fait, il y a des chimpanzés qui ne maîtrisent jamais la technique, et en général, les femelles en ont plus de succès (Goodall 1986; Boesch et Boesch 1993). Un outil et une technique similaires sont utilisés pour extraire les termites des nids à Gombe, mais à Taï, les chimpanzés utilisent leurs mains (Boesch et Boesch 1993).

Pan troglodytes
Photo: Alain Houle

Pour casser des noix dures, les chimpanzés d'Afrique de l'Ouest utilisent des marteaux et des enclumes faites avec des branches mortes ou des pierres qu'ils tiennent à la main et des racines exposées d'arbres ou des affleurements rocheux (Boesch et Boesch 1993; Boesch et Boesch-Achermann 2000). Souvent, ces matériaux ne sont pas trouvé près des noix, donc les chimpanzés doivent montrer de la prévoyance pour amasser les accessoires appropriés pour accéder à cette nourriture riche en protéines et matières grasses. Comme la « pêche aux fourmis », le cassage des noix est une connaissance qui doit être apprise. Les enfants et les juvéniles apprennent de leur mère quels sont les outils appropriés et les mouvements nécessaires pour décortiquer les noyaux (Boesch et Boesch-Achermann 2000). Les chimpanzés utilisent aussi les feuilles comme des éponges ou des cuillères pour boire de l'eau et ils les choisissent sélectivement. Les chimpanzés froissent les feuilles dans leur bouche et puis les immergent dans l'eau; ces feuilles froissées agissent comme une éponge et les animaux sucent alors l'eau hors des feuilles et répètent le processus (Sugiyama 1995). Ce comportement est spécialement observé là où l'eau est rare pendant certaines périodes de l'année et pour récolter l'eau dans les trous d'arbre profonds qui sont difficiles à atteindre directement avec la bouche.

Les chimpanzés ont des cartes mentales excellentes de leur domaine vital et les utilisent pour retrouver les ressources alimentaires. Leur attention peut être attirée vers une nouvelle source d'alimentation par le bruit d'un groupe d'animaux, comme des oiseaux ou d'autres primates. Ils peuvent aussi être mené à un nouvel arbre fruitier ou un monticule de termites par un compagnon qui y est déjà allé (Goodall 1986).

On a longtemps pensé que les chimpanzés n'avaient pas de prédateurs naturels à cause de leur grande taille, mais les études faites dans la forêt Taï et le parc national de Lopé ont montrées que les attaques de léopards (Panthera pardus) peuvent être une cause de mortalité significative parmi les chimpanzés (Boesch et Boesch-Achermann 2000; Henschel et al. 2005). L'étendue avec laquelle les léopards chassent les chimpanzés n'est pas claire et il est possible que ce soit le travail de quelques grands félins qui prennent des risques (Boesch et Boesch-Achermann 2000). Les lions sont plus aptes à chasser les chimpanzés, et la prédation par des lions a été observée dans le Parc National des Monts Mahale en Tanzanie, mais il y a peu d'observations de prédation par des lions sur les autres sites où ils sont sympatriques avec les chimpanzés (Tsukahara 1993).

Dernière modification de cette page: 13 avril 2006

Ecrit par Kristina Cawthon Lang. Révu par Elaine Videan.
Traduit par Kristen Barron et Sylvain Gatti.

Citer cette page:
Cawthon Lang KA. 2006 13 avril. Les Feuilles Instructives du Primate: Chimpanzé (Pan troglodytes) Taxonomie, Morphologie, et Ecologie . <http://pin.primate.wisc.edu/factsheets/french/chimpanzee>. Accédé 2014 30 juillet.