STATUT DE CONSERVATION
CITES: Annexe I
Liste rouge de l'UICN: P. paniscus: EN
Clé: EN = En danger

Photo: Max Planck Institut
Les seuls vrais ennemis des bonbos sont les êtres humains. Les menaces
à la survie des bonobos comprennent la chasse et la destruction de
l’habitat (Malenky et al. 1989; de Waal 1997). Bien qu’il y existe
des tabous contre la chasse des bonobos dans certaines communautés vivant
aux alentours de leur distribution, les bonobos sont toujours chassés
pour leur viande par d’autres communautés. Le commerce des animaux
de compagnie compromet également leur survie dans leur habitat naturel.
Cette pratique est particulièrement désastreuse car, pour obtenir
les jeunes qui seront vendus, les braconniers doivent tuer les mères. Le
braconnage est particulièrement répandu lorsque les chercheurs ne
sont pas présents sur les sites de recherches (Malenky et al. 1989). La
destruction de leur milieu en RDC, provient de l’abattage commercial des
arbres, du défrichage des terres agricoles, de l’appropriation des
ressources alimentaires par les communautés humaines et de la
création d’habitations (Malenky et al. 1989). A l’origine de
toutes les menaces pesant sur les bonobos sauvages, est le climat politique
fragile de la RDC, qui affecte directement les Congolais et directement ainsi
qu’indirectement les grands singes (Thompson-Handler et al. 1995).
LES MENACES SUR LA CONSERVATION ET LES SOLUTIONS POTENTIELLES
Menace: La destruction et la dégradation du milieu par les
hommes
La destruction et la dégradation du milieu, dues à l'abattage
commercial des arbres, à l'utilisation des produits forestiers pour la
subsistance, et la ré-implantation des hommes dans les forêts, sont
largement répandus en RDC et menacent considérablement les
populations bonbons (Dupain et al. 2000). L'abattage commercial à grande
échelle est responsable de davantage de dommages que la simple
suppression de la couverture forestière; certains de ces effets
concernent la perte de la biodiversité, la modification du climat, la
désertification, et la dégradation des paysage d'eau (Rowe et al.
1992). Ces conséquences environnementales indirectes sont un
sérieux problème pour les populations de bonobos, même dans
les sites de recherche établis sur les concessions d'abattage (Oates
1995; Thompson-Handler 1995). Le souci permanent est que le gouvernement
congolais commence à compter beaucoup plus sur l'extraction du bois de
construction, en tant que ressource économique principale, et que ses
revenus dépendent ainsi de ses ressources forestières. A cause de
ces projets pour l'avenir, l'abattage commercial est perçu comme la
menace à long terme la plus importante, pour les bonobos de RDC (Reinartz
et Bila Isia 2001).
La conversion de la forêt en terres agricoles, autant que la collecte
du bois de subsistance ou sa vente dans les centres urbains, est plus
généralisé que la destruction et la dégradation de
l'environnement (Thompson-Handler et al. 1995). Les profits issus des produits
agricoles, récoltés traditionnellement dans les zones semi-rurales
et vendus sur les marchés des centres urbains, se sont effondrés
suite à la détérioration de l'économie, des routes
et du système de transport fluvial, associés à
l'instabilité politique (Dupain et al. 2000). Alors que cette
instabilité aurait pu temporairement ralentir la destruction de
l'habitat, il en a résulté une ré-immigration des personnes
dans les forêts, avec l'établissement de colonies semi-permanentes.
Dans ces colonies, les gens pratiquent la culture à petite
échelle et la chasse de subsistance, aussi bien que la collecte du bois
pour se chauffer et se loger (Dupain et al. 2000; Reinartz et Bila Isia
2001). Bien que certaines régions soient protégées, cela
ne signifie rien; un manque total de lois et de leurs applications
créent un climat où les gens peuvent vivre à
l'intérieur d'un parc protégé, et en utiliser les
ressources naturelles sans conséquences (Coxe et al. 2000).
Solutions Potentielles
Les menaces de l'abattage pourraient être temporairement
atténuées, en raison de l'instabilité politique et de la
guerre qui ont assailli la RDC pendant près d'une décennie. Les
compagnies d'abattage ont cessé leurs activités à cause des
dangers rencontrés dans les zones de guerre et finalement, la destruction
de l'habitat due à l'extraction du bois et l'infrastructure liée
aux techniques d'exploitation intensive de la forêt ont cessées
(Dupain et al. 2000). Quand les terres réservées à
l'abattage du bois seront disponibles, il est important que l'on utilise des
techniques d'exploitation forestières qui n'affectent pas les bonobos.
Par exemple, l'abattage soutenu devrait être l'objectif du gouvernement
congolais, spécialement si le bois doit devenir le produit d'exportation
le plus important et la base de la viabilité économique du
pays.
Avec seulement deux réserves (le parc national de Salonga et la
réserve scientifique de Luo River) où l'on trouve des bonobos et
où l'abattage est interdit, un objectif important pour l'avenir est de
créer plus de zones protégées, aussi bien que d'augmenter
la protection des bonobos habitant tant dans les réserves et qu'à
l'extérieur de celles-ci (Reinartz et Bila Isia 2001).
Malheureusement, peu de choses peuvent être faites actuellement pour
alléger les conséquences de la destruction de l'habitat, due
à la collecte du bois de chauffage et à l'agriculture de
subsistance. De nombreux congolais ont été déplacés
et n'ont aucune opportunité économique voire même aucun
moyen de survie; jusqu'à ce que la RDC soit stable, la plupart des
recherches ont cessées et les populations des bonobos ne peuvent plus
être efficacement protégées (Coxe et al. 2000).
Menace: Les espèces invasives étrangères
Il existe beaucoup de pathogénies et de maladies parasitaires qui
affectent les bonobos dans la nature. Les maladies respiratoires,
gastro-intestinales, cutanées, ou les infections bactériennes
généralisées ont une gamme de sévérité
allant de la latence à la mort (Whittier et al. 2001). Salmonella,
Streptococcus, et Staphylococcus sont des agents communs que l'on trouve dans
l'environnement où qui peuvent se transmettre de l'homme au bonobo
(Whittier et al. 2001). Il existe d'autres agents infectieux qui affectent les
bonobos, tels que les virus, (poliomyélite, rougeole, herpès,
hépatite, Ebola, etc), les infections fongiques (mycose) et les
parasites, (Giardia, Cryptosporidium, Schistosoma, Strongyloides, etc.)
(Whittier et al. 2001). Bien que certaines de ces maladies présentent
probablement un certain taux naturel dans la nature, d'autres peuvent susciter
une épidémie et menacer les populations de bonobos. Etre en
contact avec ces maladies pourrait mener à une rapide extinction des
bonobos non immunisés ou des très petites populations. Comme les
humains et les bonobos sont désormais en contact rapproché,
à cause de la croissance démographique, de l'habituation aux
chercheurs et de la chasse, la probabilité de transmission des maladies
entre espèces augmente (Butynski 2001).
Solutions Potentielles
Sur les sites de recherche, les précautions devraient être
prises pour assurer une exposition minimale. Cela implique des examens de
dépistage des chercheurs et visiteurs, la mise à jour des
vaccinations (où applicable), des contacts limités
etl'enterrement des déchets humains (Whittier et al. 2001).
L'éducation sanitaire sur les maladies zoonotiques dans les
communautés locales, pourrait également réduire l'incidence
de la transmission des maladies entre bonobos et humains.
Menace: La récolte (la chasse et la cueillette)
Alors que la population explose dans l'Afrique centrale, les valeurs
traditionnelles ainsi que les coutumes tribales ancestrales se fragilisent.
C'est important dans le cas du bonobo, puisque dans beaucoup de tribus de RDC,
il était traditionnellement tabou de les chasser, et cette idée
commence rapidement à disparaître (Thompson-Handler et al.
1995; Coxe et al. 2000). Sans aucune autre opportunité
économique, les populations locales doivent échanger la viande de
brousse contre des vêtements, des médicaments, du savon, des
épices, et autres nécessités aussi bien qu'ils l'utilisent
comme source principale de protéine (Dupain et Van Elsacker 2001).
D'ailleurs, avec une zone d'occupation militaire qui coupe la région de
distribution des bonobos, les troupes et les personnes déplacées
consomment comme source principale de protéine, de la viande de brousse,
tout comme elle représente une source de revenus (Reinartz et Bila Isia
2001).
Le rôle des compagnies d'abattage dans l'industrie de la viande de
brousse, ne peut pas être sous-estimé. Ces entreprises fournissent
des armes et munitions, le transport vers les forêts où les bonobos
sont chassés, des bateaux pour transporter les carcasses de la
forêt vers les centres urbains, et les travailleurs chassent, vendent et
mangent la viande de brousse (Butynski 2001; Dupain et Van Elsacker 2001).
Les armes sont ainsi devenues monnaies courantes et facilement disponibles
alors que la guerre civile éclatait (Coxe et al. 2000).
Les jeunes bonobos sont également fortement appréciés en
tant qu'animaux de compagnie, et alors que les adultes sont tués pour la
viande, les enfants sont vendus dans les marchés des centres urbains tels
que Kinshasa. On estime qu'entre quatre et cinq adultes sont tués pour
capturer un enfant, et si les adultes reproductifs sont éliminés
de la population, c'est la capacité reproductive de la population qui
diminuera (Reinartz et Bila Isia 2001).
Solutions Potentielles
Les compagnies d'abattage étrangères doivent être tenues
pour responsables dans leur rôle pris dans le commerce de la viande de
brousse. Au lieu de faciliter la chasse, le transport, la vente et la
consommation illégales des bonobos, ces entreprises devraient fournir des
sources de nourriture alternatives pour leurs employés, et interdire le
transport de la viande et des équipements de chasse sur leurs bateaux
(Dupain et Van Elsacker 2001).
Les communautés locales qui dépendent de la viande de bonobo
comme source de protéine, et comme monnaie d'échange pour obtenir
des denrées nécessaires, pourraient être
approvisionnées avec d'autres sources de nourritures fournies par les
organisations d'aide internationales. Donner aux gens des alternatives pourrait
alléger certaines des pressions sur les populations bonobos, dans les
régions les plus durement touchées par la chasse. Présenter
différentes opportunités économiques est un autre point
crucial dans pour réduire le commerce de viande de brousse. En temps de
paix, on peut y arriver en maintenant une forte présence scientifique
dans les zones traditionnellement utilisées comme terrains de chasse.
Souvent, les chercheurs peuvent fournir des emplois aux gens de la
région, comme par exemple, assistants de terrain, éducateurs, et
membre du personnel sur le camp de recherches. Ils n'offrent pas seulement des
emplois rémunérés, mais le fait d'impliquer
également des gens locaux dans la recherche et la conservation du bonobo
crée une connexion significative entre ces populations et la faune
sauvage, qui pourrait influencer leurs actions futures (Wrangham 2001).
Eduquer les acheteurs potentiels des jeunes bonobos, sur les marchés
des villes congolaises, représente un autre moyen de réduire le
commerce des grands singes comme animaux de compagnie.
Menace: La mortalité accidentelle
Les bonobos sont parfois attrapés dans des pièges
destinés à d'autres mammifères terrestres et sont
blessés (Kano 1992; Coxe et al. 2000). Il existe peu de
données sur l'étendue de ce problème.
Menace: La persécution
Traditionnellement, les bonobos étaient vénérés
par les populations locales, qui les persevaient comme de proches parents (Coxe
et al. 2000). Là où ils ne sont pas habitués, les bonobos
révèlent extrêmement timides et effrayés par les
humains (de Waal 1996). Hormis où ils sont chassés pour la
nourriture, il n'existe aucun conflits entre humains et bonobos.
Menace: Les changements dans la dynamique des espèces
indigènes
Les bonobos n'ont pas de prédateurs connus, et donc la taille et la
structure de leur population ne sont pas affectées par les interactions
prédateur-proie (de Waal 1996).
A Wamba, on a noté un taux élevé de handicap physique
parmi les groupes études. La plupart des difformités concernaient
des doigts ou des membres manquants, et on spécule qu'une des causes de
ces anormalités aurait pu être la lèpre (Kano 1992).
Solutions Potentielles
Pour minimiser le transfert des maladies, il est crucial de limiter le
contact physique entre humains et bonobos. Dans les cas appropriés, et
quand les bonobos sont habitués, le soin vétérinaire peut
également se révéler utile.
Menace: Les facteurs intrinsèques
Puisque les bonobos vivent longtemps et ont une maturation lente, ils n'ont
que peu d'enfants durant leur vie, le taux de croissance des populations est par
conséquent lent. A cause de ces caractéristiques, toute
perturbation peut avoir un effet significatif sur la taille de l'ensemble de la
population (Thompson-Handler et al. 1995). N'importe quel changement
démographique est aggravé par les effets de la fragmentation de
l'habitat, de la restriction de la zone de distribution, et de la taille
décroissante des populations. Par exemple, lorsque deux populations qui
étaient habituellement en contact deviennent séparées par
une barrière infranchissable, comme une route faite par les compagnies
d'abattage, le flux de gènes entre ces deux communautés cesse, et
des problèmes tels que le croisement d'animaux apparentés, et par
conséquent la fixation d'allèles délétères
apparaissent (Thompson-Handler et al. 1995; Coxe et al.2000).
Solutions Potentielles
Les efforts pour réduire la fragmentation de l'habitat devraient tenir
la plus grande place. Les changements démographiques devraient
être minimisés, si cela est possible, en réduisant la
demande de viande de brousse, aussi bien qu'en établissant des
orphelinats et refuges pour les jeunes bonobos confisqués sur les
marchés.
Les programmes de reproduction en captivité sont également
importants et pourraient servir d' «arches» pour les
bonobos. Le but de ces programmes devrait continuer à être de
produire et de maintenir des populations viables in situ.
Menace: La perturbation humaine
L'instabilité politique a eu un effet délétère
sur la vie en RDC, et elle continue à freiner les efforts de conservation
du bonobo et la Recherche. Toutes les études ont été
abandonnées dans cette région, et il existe peu de rapports
disponibles sur les populations de bonobo des plus importants sites
d'études. Dans quelques cas, des habitants de la région qui
avaient été impliqués dans des travaux de recherche, sont
parvenus à rester et servir comme gardiens, mais du fait qu'ils ne soient
pas payés par les chercheurs, toute communication est impossible. Dans
les régions où les bonobos ont été habitués
aux hommes, il existe un grand risque d'être tués par des soldats
ou des chasseurs, et les assistants de recherche ont peu de moyens pour
protéger les bonobos de cette hostilité (Coxe et al. 2000).
Solutions Potentielles
Tant que la région reste instable, il existe peu d'options pour
l'engagement et l'assistance étrangère aussi bien que locale (Coxe
et al. 2000).
LIENS POUR APPRENDRE PLUS SUR LA CONSERVATION
INFORMATION SUR LA CONSERVATION
NOUVELLES SUR LA CONSERVATION
- Why are We Eating Bonobos? Can We Save Africa's Vast Wildernesses from Destruction? (National Geographic; October 14, 2012)
- Conservationist devotes life to bonobos (Marion Star; December 5, 2010)
- Going Ape in Central Africa: Meeting Our Closest Cousins in the Near-Wild Within Easy Reach of Major Cities (Huffington Post; October 12, 2010)
- Into the Congo: saving bonobos means aiding left-behind communities, an interview with Gay Reinartz (Mongabay; September 23, 2010)
- Bonobos going wild (Charlotte Observer; July 6, 2009)
- Reintroducing Bonobo Apes Into The Wild: Researchers To Monitor Progress (ScienceDaily; June 15, 2009)
- New rainforest reserve in Congo benefits bonobos and locals (Mongabay; May 25, 2009)
- Massive New Rainforest Reserve Established in the Democratic Republic of Congo (Yubanet; November 16, 2007)
- Best Practice Guidelines for the Re-introduction of Great Apes (IUCN/SSC Primate Specialist Group)
- 'Protected' Congo forest is logged regardless (New Scientist; April 11, 2007)
- Illegal Loggers Mutilating Congolese Forests (Environment News Service; February 28, 2007)
- Trust's donations save apes worldwide (Des Moines Register; December 15, 2006)
- Monkey business (Carte Blanche; October 29, 2006)
- Great Ape Trust Awards $22,000 in Conservation Grants (E-Wire; August 22, 2006)
- Bush-meat traders threaten Nigeria's chimps (Georgia Straight, Canada; November 3, 2005)
- Woods Hole Research Center scientist part of international initiatives to save the great apes (EurekAlert; October 11, 2005)
- New Conservation Groups Formed at World Wilderness Congress (Environment News Service; October 10, 2005)
- Conservationists seek to protect apes (Associated Press; July 27, 2005)
- Expert highlights mobile phone threat to great apes (Australian Broadcasting Company; March 10, 2005)
- Study links Ebola outbreaks to animal carcasses (EurekAlert; February 14, 2005)
- Pygmy chimpanzees on the brink of extinction (Independent Online, South Africa; January 10, 2005)
- Fences 'can help apes' survival' (BBC News; May 5, 2004)
- African apes being eaten into extinction (Sunday Herald, UK; October 11, 2003)
- African `bushmeat' trade raises health, conservation fears (Taipei Times; August 25, 2003)
- Balancing Wildlife Conservation with Human Survival (Inter Press Service News Agency; October 11, 2003)
- Bonobos' threat: hungry humans (Christian Science Monitor; June 7, 2001)
- Dire Outlook for Many Primates (BBC; May 12, 2000)
- Eating apes imperils species, spreads AIDS (ABC Science Online, Australia; September 15, 2003)
- Great apes in peril (BBC News; May 20, 2001)
- Growing demand for 'bushmeat' threatens great apes (CNN; August 11, 1999)
- Last chance to save great apes from extinction (Guardian Unlimited; May 21, 2001)
- Liens pour chaque espèce
ORGANISATIONS
Dernière modification de cette page: 1 décembre 2010
Ecrit par Kristina Cawthon Lang. Révu par Frans de Waal.
Traduit par Kristen Barron et Stephane Barbe.
Citer cette page:
Cawthon Lang KA. 2010 1 décembre. Les Feuilles Instructives du Primate: Bonobo (Pan paniscus) Conservation . <http://pin.primate.wisc.edu/factsheets/french/bonobo/cons>. Accédé 2013 23 mai.